L’armée américaine se dote d’un manuel doctrinal de prévention et de gestion des dommages civils.

L’armée américaine a publié récemment un manuel doctrinal de prévention et de gestion des dommages civils intitulé Army Tactics, Techniques, and Procedures 3-37.31, Civilian Casualty Mitigation (ou CIVCAS manual). Ce manuel est le fruit d’une année de travail mené par le colonel Dwight Raymond de l’Army’s Peacekeeping and Stability Operations Institute.

La population est au centre des opérations militaires contemporaines. La nécessité de protéger les civils n’est pas qu’une obligation juridique. Elle est également une nécessité militaire qui conditionne la légitimité des opérations américaines. L’échec dans la prévention des dommages civils peut entraver la mission de l’armée et constituer un obstacle dans la poursuite des objectifs politiques nationaux. En effet, les dommages civils ont des répercussions négatives sur la façon dont la population perçoit le conflit. Ils alimentent les tensions politiques et, par là, réduisent les chances de reconstruction et de réconciliation post-conflit. Ils peuvent être récupérer par l’adversaire à des fins de propagande. L’armée doit parvenir à vaincre l’ennemi, protéger la population civile tout en préservant sa force.

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Les frappes de drones sont-elles morales?

Co-auteur d’un article retentissant sur les « coulisses » de la « guerre des drones » sous l’administration Obama, Scott Shane s’attaque à la dimension morale de cette pratique.

En surveillant pendant des heures, voire des jours une cible, les drones permettent d’identifier avec plus de précision une cible que des troupes au sol ou des pilotes conventionnels. Grâce aux capacités de surveillance offertes par le drone, il est possible de frapper à un moment où l’objectif n’est pas entouré par des civils. On peut même détourner le tir si l’opérateur se rend compte de la présence de personnes innocentes au dernier moment.

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Conflit armé non international en Syrie. Bis.

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) estime que la situation en Syrie a atteint le niveau d’un conflit armé non international. Il convient de rappeler que pour atteindre une telle qualification, il faut que les Parties aient un certain niveau d’organisation et que les violences sur le terrain dépassent les situations de tensions internes et de troubles intérieurs.

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La guerre de tous contre tous?

Selon certaines estimations, les drones de la taille d’un insecte seront opérationnels en 2030. Ils seront dotés de capacités de surveillance et létale. A terme, il est probable qu’ils puissent transporter des armes de destruction massive. Dans un récent essai, Gabriella Blum, professeur de droits de l’Homme et de droit international humanitaire à la Harvard Law School, imagine les répercussions politiques et juridiques possibles de ces nouvelles technologies.

Ainsi, ces nouvelles armes invisibles, anonymes et frappant à longue risquent de faciliter l’emploi de la violence entre individus. L’absence de risque d’être identifié ou d’être tenu pour responsable est susceptible de lever les inhibitions relatives à l’usage de la violence. Les frontières nationales seront rendues inopérantes. D’un côté, les technologies modernes rendent les individus plus vulnérables. De l’autre, elles les menacent tous.

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Quelques données sur les frappes de drones au Pakistan.

Dans un article publié sur CNN, Peter Bergen, de la New American Foundation, fournit quelques données intéressantes sur les frappes de drones au Pakistan:

– c’est en 2004 que les frappes létales de drones ont été autorisées pour la première fois, à l’époque par le Président Georges W. Bush. 45 frappes ont eu lieu sous son mandat dans les zones tribales sous administration fédérale (FATA). Le programme s’est rapidement développé sous la présidence Obama avec une une moyenne d’une frappe tous les quarante jours, allant jusqu’à une frappe tous les quatre jours au milieu de l’année 2011.

– entre juin 2004 et juin 2012, il y a eu 307 frappes américaines de drones au Pakistan. Elles auraient tué entre 1562 et 2377 militants présumés.

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Eviter les dommages civils pour réussir la mission.

Une directive tactique du Commandement de l’ISAF récemment déclassifiée met l’accent sur la nécessité d’empêcher tous dommages civils lors des opérations de la coalition.

Le respect du principe de distinction est au cœur de la doctrine de contre-insurrection appliquée en Afghanistan. Ce n’est pas qu’une obligation juridique. Elle constitue un objectif primordial qui conditionne le succès des opérations car toute perte civile se fait « au détriment » des intérêts de la coalition ainsi que ceux du gouvernement afghan, et ce, même si les insurgés sont responsables. La population afghane est un « centre de gravité » qu’il faut, non pas détruire, mais préserver à tout prix.

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