Assassinats ciblés: une question d’ordre culturel?

 » De manière générale, pensez-vous qu’il est éthiquement justifiable de tuer une personne afin de sauver la vie d’un plus grand nombre d’individus?  » C’est une des questions à laquelle ont répondu 182 étudiants en droit des universités de Durham (Grande-Bretagne), Jena (Allemagne), Northwest (Chine), de Sharja (Emirats arabes unis) et du Caire (Egypte) ainsi que des étudiants en criminologie de l’université de Northern Iowa (Etats-Unis) dans le cadre d’une enquête portant sur les enjeux éthiques des assassinats de dirigeants politiques.

Alors que certains ont avancé l’idée de décapiter le régime syrien, à l’image de ce qui avait été proposé en Libye, il est intéressant de constater que le point de vue d’étudiants est plus ou moins fidèle aux positions défendues par leur État au sein des institutions internationales.

Ainsi, 50% des étudiants interrogés ont répondu par l’affirmative, 34% non ; 16% ont répondu ne pas savoir.

Ce sont les Anglais et les Américains qui ont le plus contribué au oui (82 sur 91). A l’inverse, ce sont les Chinois qui ont le plus pesé dans les réponses négatives (37 sur 61).

Les motifs avancés raisonnent en écho à ceux avancés au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Ainsi, les Chinois adoptent une position floue. Ils invoquent l’inviolabilité des droits de le personne humaine, sans préciser si cela s’applique au dirigeant ou « au plus grand nombre ». D’un côté, les droits humains de chaque personne sont inviolables. De l’autre, il convient d’assurer la sécurité du peuple. L’insistance sur le respect du droit (le protection juridique des droits humains, la nécessité de suivre les procédures requises) signifie que rien ne peut être entrepris en-dehors de celui-ci.

Le point de vue anglo-saxon reflète, dans l’ensemble, celui d’un Occident soucieux de la « responsabilité de protéger » les populations civiles quitte à employer la force létale contre une personne. De manière générale, les étudiants (surtout les Britanniques) reconnaissent la difficulté de la question. Ils assortissent l’intervention de critères originaires de la notion de « guerre juste » souvent difficiles à évaluer en pratique: le contexte (la personne est-elle coupable de violations massives des droits de l’Homme ?), le nombre (en sauver cent ? un million ?), la « qualité » des individus (innocent, coupable) et la nécessité d’employer d’abord des moyens non létaux.


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