« Disposition matrix »

C’est le nom d’une nouvelle génération de liste d’objectifs révélée par le Washington Post. Elle contiendrait les noms de personnes suspectées de terrorisme. Elle se distinguerait de la traditionnelle « kill list » en ce que les actions envisagées contre elles ne se limiteraient pas à la force létale. Son objectif serait de mettre à « disposition » des personnes contre lesquelles il serait susceptible d’agir.

Cette information s’ajoute à la liste des mesures venant entériner la normalisation du dispositif d’exception mis en place au lendemain du 11 septembre, dont les frappes de drones sont une des modalités. Il ne fait pas de doute que le paradigme de la « guerre contre le terrorisme » va perdurer. Cette guerre est à la fois globale et indéfinie. Le caractère évolutif de cette « matrice » l’atteste. Cette base de données contiendraient les biographies, les localisations et les organisations affiliées. Elle ne serait pas rigide mais s’adapterait à la structure changeante d’Al-Qaïda et sa capacité à s’étendre en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Elle s’adapterait également aux modifications organisationnelles internes, notamment la place des dirigeants dans la hiérarchie.

Par conséquent, la liste n’est pas prête de s’arrêter. Alors qu’on ne sait toujours pas quels sont les critères employés pour procéder au ciblage, les listes s’allongeraient. Actuellement, on serait passé de 10 objectifs liés à Al-Qaïda au Pakistan à deux douzaines. Cette augmentation serait liée à l’apparition d’un nouvel adversaire actif en Afghanistan: les réseaux Haqqani. Au Yémen, il y aurait une dizaine de noms sur la liste.

Pour finir, il est difficile de ne pas souligner le fossé séparant le point de vue des États-Unis et celui des ONG. Ainsi, Amnesty International vient de publier un rapport dans lequel elle s’en prend justement au paradigme de la « guerre globale contre le terrorisme » employé par les Américains. Pour l’ONG, le droit international humanitaire ne s’applique qu’en cas de conflit armé avéré. En-dehors, on applique le droit international des droits de l’Homme dans lequel la force létale ne peut être employée qu’en dernier recours, en cas de menace à la vie de la force d’intervention ou d’autres personnes aux alentours.

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