Des « signature strikes » majoritaires.

Les frappes de drones opérées au Pakistan sont, pour la plupart, des signature strikes. C’est ce que révèle un article de Jonathan S. Landay sur McClatchy basé sur des rapports secrets du renseignement américain, et qui se présente comme la première évaluation indépendante des attaques de drones fondée sur ce type de document.

drones not so precise

Jusqu’à présent, l’administration américaine assurait s’attaquer à des individus précis, soit des dirigeants opérationnels d’Al-Qaïda ou de forces associées constituant une menace imminente pour la sécurité des États-Unis. Le Président en personne avait déclaré que la menace devait être sérieuse et non spéculative.

Or, les données recueillis par Landay viennent quelque peu remettre en question ces déclarations. Ainsi, dans la période entre septembre 2010 et septembre 2011, au moins 265 des 482 personnes éliminées par la CIA n’étaient pas des dirigeants d’Al-Qaïda mais des « Afghans, des Pakistanais et des extrémistes inconnus ». Seuls six individus tués par des drones sont répertoriés comme « top al Qaida » par les rapports.

En outre, 43 des 95 frappes de drones durant cette période ont touché des groupes autres qu’Al-Qaïda. Parmi ceux-ci, on trouve les réseaux Haqqani, des factions talibanes pakistanaises et des individus non identifiés décrits comme des « combattants étrangers » ou « d’autres militants ». Il convient de préciser que les premiers, par exemple, ne figuraient pas sur la liste des groupes terroristes internationaux visés par les Américains à ce moment.

Par contre, ces derniers accusent le groupe d’avoir commis des attentats contre des ambassades indiennes et américaines et d’avoir attaqué les troupes de la coalition en Afghanistan. Toutefois, il faut attendre septembre 2012 pour que l’administration Obama l’ajoute sur la liste des organisations terroristes.

D’autres groupes ont été visés comme les talibans pakistanais ou Lashkar-e-Jhangvi. Bien que proches d’Al-Qaïda, ces groupes sont plus une menace pour le Pakistan que pour les États-Unis. Les drones américains ont constitué, en quelque sorte, un outil de contre-insurrection au service du Pakistan, à l’image de l’accord qui allait lancer la campagne antiterroriste dans les zones tribales.

Pour finir, il faut rappeler que les signature strikes ne sont pas forcément illégales, surtout si elles sont conduites sur un théâtre de guerre contre des objectifs militaires.

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