« La possibilité de nier de façon plausible ».

Impact sur l’environnement social, remise en cause de la démocratie, anonymat, privatisation de la guerre, vulnérabilité des société modernes high tech… En une dizaine de minutes, le romancier Daniel Suarez expose, dans son intervention au TED, les conséquences possibles de l’autonomisation du champ de bataille, soit le fait pour les systèmes robotiques de procéder à une attaque létale sans qu’un humain intervienne dans la prise de décision.

On sera particulièrement attentif aux raisons pour lesquelles les humains seraient tentés de passer de systèmes pilotés à distance (comme les drones) à des systèmes autonomes:

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Frappes de drones et dommages civils: le point de vue pakistanais?

Le Bureau of investigative journalism (BIJ) vient récemment d’ajouter sa pierre à l’édifice des fuites et autres rapports classés qui alimentent en informations et en spéculations la guerre (finalement pas si) « secrète » des États-Unis contre le terrorisme. Après le livre blanc du Département américain de la justice portant sur les frappes létales contre des dirigeants opérationnels d’Al-Qaïda citoyen américain en-dehors des zones d’hostilité active ou encore les rapports classés de la CIA sur les résultats des frappes de drones au Pakistan entre septembre 2010 et octobre 2011, l’organisation basée à Londres vient de publier un « document secret » du gouvernement pakistanais intitulé « Détails des attaques des Forces de l’OTAN et des Predators dans le FATA » (les zones tribales pakistanais administrées fédéralement).

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Frappes de drones et dommages civils

C’est presque un passage obligé du discours des autorités politiques américaines sur les frappes de drones.

Depuis qu’elles s’expriment officiellement sur les frappes létales entreprises en-dehors des zones d’hostilités actives, elles mentionnent quasi systématiquement la précision inhérente aux véhicules aériens inhabités de combat (UCAV). En 2010, l’ancien conseiller juridique Harold Koh au Département d’État parlait de ces « technologies avancées qui ont permis de rendre le ciblage encore plus précis ». L’ancien conseiller du Président Obama en matière de lutte contre le terrorisme, désormais à la tête de la CIA, John Brennan, évoquait en, en avril 2012, « la précision étonnante » et « chirurgicale de ces engins. Dans son grand discours sur la sécurité nationale, le Président en personne a vanté la « très grande précision » des frappes de drones.

Il convient de rappeler que la précision ne se réduit pas à l’arme ou à l’appareil qui la transporte.  Elle regroupe tout un travail de renseignements et d’information, tout un ensemble de procédures qui vont mener à l’identification positive de l’objectif et à la définition du moment idéal pour le frapper sans provoquer de dommages aux personnes et aux biens civils environnants.

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Pour une position européenne sur les frappes létales en-dehors des zones d’hostilité active.

L’Europe est le continent de la règle de droit. Selon le politologue américain Robert Kagan, elle viendrait de Vénus par opposition aux États-Unis, issus de Mars. Là où ces derniers n’hésitent pas à employer la force militaire pour exercer leur pouvoir, les Européens préfèrent la norme. Dès lors, l’Europe serait une puissance normative, selon le politologue européen Zaki Laïdi, qui se distinguerait par sa capacité à fixer des standards mondiaux là où une puissance empirique s’imposerait par une domination physique.

Pourtant, on a peu entendu les préférences normatives de l’Europe au sujet de la pratique des frappes létales en-dehors des zones d’hostilité active par les Américains.

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Les réseaux sociaux peuvent-ils constituer des objectifs militaires?

Nous connaissons le rôle joué par les réseaux sociaux dans l’organisation et la coordination des manifestations et des insurrections du Printemps arabe. Nous savons peut-être moins qu’ils ont servi à l’OTAN dans le ciblage des sites et des forces pro-gouvernementales libyennes lors de l’opération Protecteur unifié de 2011. Twitter a notamment constitué une « source ouverte » fournissant des informations sur de potentiels objectifs militaires. Des rebelles ont ainsi « tweeté » à l’OTAN des données relatives à la localisation de troupes, de véhicules, ou de bâtiments militaires appartenant à l’ennemi.

Si Kadhafi avait eu les moyens d’attaquer Twitter, aurait-il été en droit de le faire?

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