De la précision à l’autonomie : la technologie, un facteur polémogène ?

Le Center for a New American Century vient de publier un rapport sur la guerre à l’ère robotique. Il décrit le changement opéré par l’avènement des plates-formes inhabitées sur l’art de la guerre. Le rapport parle de révolution technico-militaire. Celle-ci intervient lorsque de « nouvelles technologies militaires, concepts opérationnels et organisations se combinent pour produire des améliorations spectaculaires dans l’efficacité militaire et le potentiel de combat ». Dès lors, cette révolution met fin au régime militaire existant, défini comme « la façon dont est conduite la guerre sur une période temporelle stratégiquement cohérente ».

Atlas, un des robots humanoïde de Boston Dynamics

Atlas, un des robots humanoïdes de Boston Dynamics

« Faire fonctionner un algorithme comme le cerveau humain »

Alors que le nombre de frappes de drones a baissé de manière significative en 2013, les débats éthiques et juridiques sur la robotisation de la guerre sont loin d’être terminés. En effet, la problématique des robots létaux autonomes sera au menu des discussions des pays participant à la Convention sur certaines armes classiques au mois de mai de cette année. Cette initiative fait suite à une campagne d’un collectif d’organisations non-gouvernementales, lancée en avril 2013, appelant à l’interdiction des « robots tueurs ». Inquiet des répercussions de cette technologie sur la protection du droit à la vie, le rapporteur spécial aux exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires auprès des Nations Unies, Christopher Heyns,  appelait à une pause dans le développement de la robotique militaire.

Le drone X-47B.

A l’origine de cette campagne, on trouve un rapport de l’ONG Human Rights Watch intitulé « Losing humanity » et publié en novembre 2012 concluant à l’impossibilité, pour les robots létaux autonomes, de se conformer à la norme d’immunité des non-combattants assurée par le droit international humanitaire. Il convient de rappeler que l’autonomie vise ici la possibilité de sélectionner des cibles humaines et de les engager, sans intervention humaine. Le Département américain de la Défense ne tardait pas à réagir en publiant une directive rejetant toute possibilité de prise de décision relative à l’emploi de la force létale de façon autonome par un robot.

Lire la suite…