Retour sur les attaques aériennes antiterroristes conduites au Yémen du 19 au 21 avril 2014

Plusieurs opérations militaires antiterroristes ont été menées le weekend dernier par les États-Unis et le Yémen contre Al-Qaïda Péninsule arabique (AQPA). Une fois n’est pas coutume, les autorités américaines ont refusé de commenter ces opérations, continuant d’entretenir le flou sur la composante militaire du contreterrorisme américain. En l’espèce, des questions se posent sur les auteurs des attaques, l’existence d’une menace à la vie des citoyens américains, standard fixé par les États-Unis en mai 2013, ainsi que sur les victimes civiles.

Tout d’abord, il convient de revenir sur ce qui s’est passé ce weekend.

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L’état de la violence armée dans le monde

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme vient de publier ses dernières estimations du nombre de victimes du conflit syrien. Il en dénombre 150 344. Il convient de constater que ce sont les forces pro-gouvernementales qui ont subi le plus de pertes avec 57 511 victimes. Le nombre de victimes civiles s’élèvent à 51 212. Sur ce point, il est curieux de voir, comme le note Micah Zenko, que les forces rebelles sont inclues dans ce décompte. Quoi qu’il en soit, cette guerre a provoqué des ravages considérables (on compte plus de 2,5 millions de réfugiés syriens) qui ne semblent pas prêts de s’arrêter.

Pour autant, ce conflit est-il emblématique de l’état de la violence dans le monde ?

Non, si on en croit le dernier rapport du Human Security Report Project (HSRP). Ce dernier est un centre de recherche indépendant affilié à l’Université Simon Fraser de Vancouver. Son objet est l’étude des tendances globales et régionales de la violence organisée, leurs causes et leurs conséquences. Les résultats de leurs recherches sont contenus dans un rapport annuel, le Human Security Report.

  • La thèse « décliniste »

Celui de 2013 est incontestablement marquée par la thèse « décliniste ». Celle-ci postule que la violence a décliné chez les êtres humains au cours de l’Histoire, et plus particulièrement à l’époque moderne. Cette thèse a récemment été défendue par le psychologue cognitiviste américain Steve Pinker dans un ouvrage interdisciplinaire intitulé The better angels of our nature. Why violence has declined. Raisonnant à l’échelle de l’histoire des sociétés humaines, Pinker constate une chute du nombre de morts de violence depuis que les hommes ont formé les première « sociétés ». Il l’explique en dégageant six tendances qui ont, selon lui, pacifié les relations humaines au cours de l’Histoire :

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