Assassinats ciblés : retour sur la pratique israélienne. Première partie.

Il y a plus d’un an un drone israélien frappait un véhicule dans lequel se trouvait Ahmad El Ja’Abari, le commandant de l’aile militaire du Hamas, les brigades Izz El Din El Qassam. Cette attaque fût le prélude d’une opération militaire de plus grande ampleur des Forces de défense israélienne dans la bande de Gaza, intitulée « Pilier de Défense », en réponse aux tirs de roquettes palestiniens. A cette occasion, Israël renouait avec une tactique controversée qui a marqué sa lutte contre les attentats-suicides au cours de la Seconde Intifada. A bien des égards, Israël inaugurait à une échelle locale ce que les États-Unis allait exécuter à l’échelle globale.

Image de la frappe aérienne tuant Ahmad El Ja’Abari

Contrairement à ces derniers, le gouvernement israélien a rapidement rendu public sa politique d’assassinats ciblés. C’est à l’autonome 2000, qu’il décide d’exposer sa méthode pour endiguer la vague d’attentats-suicides palestiniens qu’il connaît, dans un contexte d’échec des négociations de paix. Il convient de rappeler qu’entre le début de la Seconde Intifada et juillet 2003, les attaques des groupes armés palestiniens ont fait près de 750 victimes israéliennes, civiles pour la plupart[1]. C’est le vice-directeur des services de sécurité intérieure, Yuval Diskin, qui émet la proposition de recourir aux assassinats ciblés pour mettre fin à ces attaques[2]. Il convient de noter que, contrairement à la pratique américaine, le drone n’est pas l’instrument privilégié par les Israéliens. Il est en quatrième position derrière le tir de roquette par hélicoptère et le tir de soldat par arme à feu au sol[3]. La proximité et la taille du théâtre des opérations expliquent ce « choix des armes ».

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Faut-il interdire les robots létaux autonomes ?

L’année 2013 a vu le lancement de la campagne visant à interdire les armes robotiques entièrement autonomes, ou « robots tueurs » par un collectif de trente ONG. L’année 2014 sera-t-elle l’année de leur interdiction effective ? C’est ce que souhaite l’ONG Human Rights Watch (HRW) qui vient de publier avec l’Harvard Law School Human Rights Clinic un mémorandum plaidant en faveur d’une interdiction préventive de ces armes. Ce texte s’adresse tout particulièrement aux délégués des gouvernements conviés à la réunion annuelle de la Convention sur certaines armes classiques qui se tiendra à Genève en 2014. Il semble avoir porté ces fruits puisque les États Parties à la Convention ont décidé vendredi 15 novembre 2013 que la question des robots pleinement autonomes sera au menu des discussions en mai 2014.

Le TALON de Foster-Miller Inc

Qu’entend-on par « robot pleinement autonome » ? Selon, HRW cela inclut aussi bien les armes inhabitées qui ciblent et engagent un objectif sans intervention humaine que ceux qui le font sous la supervision d’un humain. Si les premiers n’existent pas encore, et sont donc susceptibles de faire l’objet d’une interdiction préventive, certains systèmes robotiques existants sont proches de la définition des seconds. Par exemple, le système anti-missile Phalanx permet aux navires qui en sont équipés de détecter, traquer et engager automatiquement les menaces militaires anti-aériennes. L’inclusion de ce type d’arme à l’ « autonomie supervisée » dans la catégorie des armes pleinement autonomes se justifie par le fait que, dans la pratique, le processus de prise décision est tellement rapide (mesuré en nanosecondes) et l’information étant inaccessible au superviseur, l’humain est de facto « en-dehors de la boucle ».

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Sur les raids américains en Somalie

Une frappe de drone a éliminé deux chefs shebabs dont « un des principaux organisateurs d’attaques-suicides » lundi 28 octobre 2013 entre Jilib et Warawa en Somalie. Il s’agit du second raid américain en un mois dans ce pays. En effet, cette opération fait suite à la tentative des forces spéciales américaines de capturer Abdulkadir Mohamed Abdulkadir, dit « Ikrima », un Kényan soupçonné d’être un dirigeant des shebabs, le 4 octobre.

Des combattants shebabs en plein exercice militaire aux abords de Mogadiscio

Bien que moins exposée que le Pakistan et le Yémen, la Somalie reste une zone susceptible de faire l’objet d’opérations létales. La frappe opérée lundi est la première en 20 mois. La précédente date du janvier 2012. Elle visait Bilal al Berjawi, adjoint principal de Fazul Abdullah Mohammed, dirigeant d’Al-Qaïda en Afrique de l’est, qui a également été commandant en chef des shebabs. Selon le Bureau of investigative journalism, les États-Unis auraient conduit entre trois et neuf frappes de drones entre 2007 et 2013 tuant de 7 à 27 personnes, faisant de 0 à 15 victimes. A cela il faut ajouter 7 à 14 actions clandestines ; leurs victimes seraient estimées entre 47 et 143, dont au minimum sept civils (43 au maximum).

Quel est le fondement légal employé par les États-Unis ?

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